| Term | Definition |
|---|---|
| Chouanard, Henri |
Nice 1883 - Paris 1936. Toute la recherche reste à établir sur cet homme, issu de la riche bourgeoisie commerçante parisienne. A vingt ans, il part au Maroc, premier autochromiste s’embarquant avec le matériel des frères Lumière. La pureté de ses vues, le sens de l’immédiat, doit probablement à sa jeunesse. On connaît de lui de magnifiques natures mortes, et des paysages français et suisses. Une partie de son œuvre est conservée au Musée Carnavalet. (In Dictionnaire des orientalistes de langue française, François Pouillon, Edition Karthala, 2008). Nous avons dans la collection de la Maison de la Photographie quelques vues exceptionnelles de ce voyage en couleurs. |
| Chicault, Daniel |
Daniel Chicault est né à Briare, dans le Loiret, en 1931. Détenteur d’un CAP de photographe et d’un Brevet de compagnon, il fait son service militaire en Algérie certifié photographe au Centre d’Exploitation Photographique état major 5ème région aérienne à Alger. Libéré, il travaille de nouveau à Paris quelques mois. Le jeune homme décida de partir à l’aventure à l’après guerre et entreprit un « tour de France », les poches vides, une couverture roulée sur le porte-bagages de sa bicyclette, longeant la Loire. A La Baule, il compléta sa formation auprès d’un ancien séminariste, Yves Blin, et collabora avec de grands studios. Il reçut en 1951 le brevet de compagnon avant d'entrer au studio Stara à Paris. Il traversa la méditerranée en 1952, pour se rendre tout d'abord en Algérie puis s'installa au Maroc, à Casablanca, et cela six années durant, où peu à peu il maîtrisa un vrai savoir. Dans cette ville, il fut le collaborateur de Georges Audissou du studio APPI (Application de la Photographie à la Publicité à l’Industrie). Par la suite, il se rendit à Port-Lyautey (Kénitra) où il fut le portraitiste des aviateurs de la base américaine. Sa rencontre avec le photographe Jean Besancenot motiva une expédition parmi les tribus Seksawa du Haut-Atlas. « Mon projet en 1956 : une expédition pour réaliser un film documentaire en 16 mm couleur inspiré de « Connaissance du monde » suivie d’une présentation à Paris, salle Pleyel, un rêve ambitieux.» Ainsi, pour la première fois, furent fixés sur la pellicule couleurs 16 mm au printemps 1957, les visages de ces vallées retirées, sous le titre Paysages et Visages du Haut-Atlas. Il s’agit du premier film couleur réalisé dans cette région. Daniel Chicault était accompagné de Roland Maréchal. Témoignage ethnologique exceptionnel, une partie importante est consacrée à la tribu Seksaoua et aux danseurs Tiskiouines. Le cinéaste accompagne la caravane muletière du Caïd récemment nommé, qui se rend pour la première fois dans les montagnes berbères. Puis, une autre partie est consacrée à la Tribu Mgouna, établit sur le versant Sud du Haut-Atlas. Dans un rapport humaniste et un souci que l’on peut qualifier ethnographique, les images suivent les étapes du Chef dans divers villages. Les habitants les accueillent et leur apportent en amont du village dattes et lait, puis c'est au tour du thé suivi d'un festin, accompagné de danses et de musique. Nous découvrons dans ce film les danseurs Tiskiouines et leurs ahouachs , le frétillement de leurs cornets à poudre attaché sur leurs épaules. Femmes et hommes dansent séparément, le mouvement des corps et les chants montent en puissance, les mêmes gestes sont répétés pendant des heures. Puis, plus tard, au paroxysme de la fête, les deux groupes se rejoignent en respectant là encore des codifications très précises. Bien d'autres faits pourraient être narrés afin de renseigner sur la richesse du document. Au total, il est d'une durée d'une heure quinze, fractionnée en trois parties. Ce document est exceptionnel, il s'agit du premier film couleur tourné dans le Haut-Atlas. Cette réalisation cinématographique permet à Daniel Chicault de rentrer dans le cycle des « Connaissances du monde » et de travailler pour Télé-Luxembourg. Des notes crayonnées sur un carnet sont aujourd'hui regroupées et composent un journal dans lequel de nombreuses photographies accompagnent et enrichissent la lecture. Le commentaire de Daniel Chicault qui est présent sur la dernière version du document montée en 2008 est composé essentiellement de l'écrit de son journal. Le film fut diffusé à plusieurs reprises, à son retour, puis en 1963. Récemment, et en lien avec la Cinémathèque de Bretagne, une version retravaillée du film participa à l'exposition Berbères, de rives en rêves sur les Berbères à l'Abbaye de Daoulas . Aujourd'hui, la générosité de Daniel Chicault nous permet de le diffuser à la Maison de la Photographie, et à l’Ecomusée Berbère de l’Ourika. |
There are 20 entries in this glossary.

